de Saint Agnes à l'ile de Batz les 17/18 juillet






Les dispositions à prendre lors de la traversée des fameux rails est un sujet de discussions aux avis assez trempés, selon qu'on navigue (encore) à l'ancienne ou que l'on met à profit les évolutions technologiques.

Dans les temps "anciens" donc, quand le voilier lambda ne disposait ni de radar, ni de VHF (et donc sans aucun moyen de savoir si l'homme de quart nous voyait d'une facon ou d'une autre), où par faible visibilité on"repérait" les cargos à l'oreille, et où il était difficile d'évaluer à quelle distance se ferait le croisement, la pratique était évidente: au voilier de manoeuvrer, en cherchant à passer derrière, faisant fi du règlement international pour éviter les collisions (qui stipule qu'en absence de contraintes, c'est le motorisé qui s'écarte).

Mais les temps ont bien changé: trafic beaucoup plus important (la manoeuvre pour éviter le plus proche est elle compatible avec le suivant?) et surtout, si on a cédé aux sirènes de la technologie (et de la consommation nécessaire à la bonne santé du PIB), la vision de la situation est beaucoup plus claire (y compris de nuit ou par brouillard), on sait qui (nominativement) va passer où et quand, et si la distance minimale semble problématique, on peut ressortir le fameux règlement et appeler l'homme de quart pour se mettre d'accord de qui fait quoi. L'expérience est que dans 99,99% des cas, le cargo, voire le ferry qui déboule à plus de 20 noeuds, s'écarte pour passer derrière nous (un seul cargo russe -a priori pas encore fantome puisque c'était avant 2022- a fait la sourde oreille). Et on se demande bien comment on a osé traverser dans les temps anciens (mais il y a bien d'autres domaines, GPS et enrouleurs entre autres, qui font des voileux de cette époque quasi des héros).

Bref, application de cette politique pour les deux traversées, 5 ou 6 appels ont été jugés nécessaires (parfois laborieux à cause d'un anglais oral pas à la hauteur) et la statistique est confirmée. Toutefois, au retour en traversant le rail montant, un gros porte conteneurs de la CMA-CGM (battant pavillon maltais, le patriotisme économique a des limites) a estimé qu'il n'avait pas besoin de s'écarter car passant suffisamment "loin" derrière, ce qui est un fait. Neanmoins, peu véloce et se voyant pile dans son axe, on a rajouté quelques tours au moteur pour se rassurer.